La sclérose en plaques

La sclérose en plaques ou SEP est une maladie inflammatoire qui attaque le système nerveux central. Le maladie s’aggrave lentement dans la plupart des case et dépend entre autres de la gravité des signes et symptômes et de la fréquence des rechutes.

La sclérose en plaques touche le système nerveux central, en particulier le cerveau, les nerfs optiques et la moelle épinière. Elle altère la transmission des influx nerveux et peut se manifester par des symptômes très variables : engourdissement d’un membre, troubles de la vision, sensations de décharge électrique dans un membre ou dans le dos, troubles des mouvements, etc.

Les symptômes de la sclérose en plaques

  • Les symptômes dépendent de la localisation des plaques, c’est-à-dire de la partie du système nerveux qui est touchée par l’inflammation. Ils sont très variables d’une personne à l’autre, ainsi que d’une poussée à l’autre. Dans la majorité des cas, la maladie commence par un seul symptôme. Voici les principaux.
  • Des troubles de la vue (vision double, perte de vision complète ou partielle, habituellement d’un oeil à la fois, douleurs lorsqu’on bouge les yeux, mouvements oculaires involontaires, « voile » devant un oeil). Ces troubles sont causés par une névrite optique (une atteinte du nerf optique). Ils constituent le premier symptôme dans environ 20 % des cas.
    Des sensations anormales (troubles sensitifs) : des douleurs brèves, des fourmillements ou l’impression de décharges électriques. Ces dernières sont surtout ressenties lorsqu’on bouge la tête.
  • Un engourdissement ou une faiblesse dans un ou plusieurs membres.
  • Une fatigue anormale.
  • Des tremblements et une difficulté à contrôler ses mouvements (troubles de la marche, par exemple).
  • Des pertes d’équilibre.
  • Des spasmes ou des contractures musculaires (spasticité), parfois douloureux.

Les symptômes suivants, dont on parle moins souvent, peuvent également survenir (surtout lorsque la maladie évolue).

  • Des difficultés d’élocution.
  • De l’incontinence urinaire ou des troubles urinaires (envies pressantes, difficultés à vider sa vessie, infections urinaires, etc.).
  • De la constipation.
  • Une dysfonction sexuelle.
  • Une paralysie partielle ou totale (de n’importe quelle partie du corps).
  • Des troubles de la mémoire, de l’humeur ou de la concentration.

Dans certains cas, une élévation de la température corporelle (fièvre, bain chaud, effort physique) peut entraîner une réactivation des symptômes neurologiques anciens, le plus souvent des troubles de la vision. Ce phénomène transitoire est connu sous le terme « phénomène d’Uhthoff ». Il ne s’agit pas d’une vraie poussée puisque les symptômes disparaissent lorsque la température corporelle redescend.

Les personnes à risque de la sclérose en plaques

  • Les personnes dont un proche parent est atteint de sclérose en plaques ont un risque accru de l’être aussi : le risque passe de 0,1 % (dans la population générale) à 1 % à 3 %37. Cependant, la sclérose en plaques n’est pas une maladie héréditaire. Plusieurs gènes (dont le gène HLA DRB1) pourraient entraîner une susceptibilité à la maladie, c’est-à-dire un risque accru de la développer. Les scientifiques explorent également le lien entre les gènes et le moment d’apparition ou la gravité de la maladie.
  • Les femmes.
  • Les descendants des Nord-Européens ont une prédisposition à la sclérose en plaques. Les peuples d’Asie, d’Afrique et les autochtones d’Amérique sont les moins touchés par la maladie.
  • Les personnes qui vivent dans une latitude élevée de l’hémisphère nord ou de l’hémisphère sud ou qui y ont vécu durant les 15 premières années de leur vie. La maladie est 5 fois plus fréquente dans les régions nordiques ou tempérées (comme l’Amérique du Nord et l’Europe) que sous les climats tropicaux et méridionaux. La zone « épargnée » est à la périphérie de l’équateur, entre le 40°de latitude nord et le 40°de latitude sud. On ne connaît pas encore les raisons de ce « gradient », mais la vitamine D (produite lors de l’exposition au soleil) pourrait jouer un rôle.
  • Les personnes ayant un problème de thyroïde de nature auto-immune, celles atteintes du diabète de type 1 ou d’une maladie inflammatoire de l’intestin sont légèrement plus à risque.

Les facteurs de risque de la sclérose en plaques

Des études réalisées sur de vrais jumeaux (qui possèdent le même bagage héréditaire) révèlent que les facteurs environnementaux jouent un rôle prédominant dans la survenue de la maladie. Prenons l’exemple fictif de Julie et Sophie, de vraies jumelles âgées de 30 ans. Julie est atteinte de sclérose en plaques depuis l’âge de 25 ans. Le risque que Sophie souffre de sclérose en plaques comme sa soeur jumelle est évalué à 30 %, tandis qu’il devrait être de 100 % si la sclérose en plaques était uniquement d’origine génétique. Ce sont donc principalement des facteurs environnementaux qui déclenchent la maladie. Il s’agit probablement d’une conjonction de nombreux facteurs, et non pas d’un seul événement.

Les facteurs de risque suivants sont présentés à titre d’hypothèses.

  • Avoir un déficit en vitamine D. La répartition des cas de sclérose en plaques dans le monde (plus de cas dans les pays les moins ensoleillés) a conduit les chercheurs à supposer un lien entre la vitamine D et le risque de sclérose en plaques. En effet, la vitamine D est produite par la peau sous l’effet de l’exposition au soleil. Un faible ensoleillement, conduisant à une carence en vitamine D pourrait donc être lié à l’apparition de la maladie.

Plusieurs études ont évalué le lien entre le taux de vitamine D dans le sang et le risque de sclérose en plaques1. En 2004, une étude portant sur 2 cohortes comportant au total 187 563 infirmières a révélé que les femmes qui prennent un supplément quotidien de vitamine D (400 UI ou plus) réduisent de 40 % leur risque d’être atteintes de sclérose en plaques11. En 2006, une étude menée auprès de soldats américains a montré que ceux dont le taux de vitamine D était le plus élevé avaient un risque plus faible de développer une sclérose en plaques2. Dans un article publié en 2013, on estime que le risque de développer une sclérose en plaques est réduit de 30% chez les femmes ayant les niveaux les plus élevés de vitamine D, comparé à celles ayant les niveaux les plus faibles.

Par ailleurs, les taux de vitamine D sont bas chez la majorité des personnes atteintes1, en particulier au début de la maladie. Enfin, des études menées sur la souris montrent que la vitamine D pourrait réduire le nombre de poussées et ralentir l’évolution de la maladie19. Malheureusement, les données actuelles ne permettent pas de déterminer si une supplémentation en vitamine D peut influer sur l’évolution de la maladie chez l’homme.

  • Avoir contracté le virus d’Epstein-Barr. Ce virus, impliqué dans la mononucléose infectieuse, a été incriminé par plusieurs études dans la survenue de la maladie. En revanche, aucune preuve formelle de son implication n’a pu être apportée. En juin 2010, une étude menée auprès de 900 personnes a montré que le risque de sclérose en plaques augmente après une infection par le virus d’Epstein-Barr (EBV)3. En 2006, les mêmes chercheurs avaient montré que les personnes atteintes ont un taux d’anticorps anti-EBV plus élevé que la normale. Enfin, une méta-analyse récente, regroupant 18 études et plus de 19 000 personnes, conclut que le fait de contracter une mononucléose infectieuse augmente le risque de souffrir d’une sclérose en plaques17.
  • Fumer la cigarette. Les personnes qui fument de 20 à 40 cigarettes par jour courent environ 2 fois plus de risque d’avoir la sclérose en plaques que les non-fumeurs34. En outre, le fait de fumer semble aggraver les symptômes chez les personnes atteintes et accélérer l’évolution des formes rémittentes vers les formes progressives18.
    Consommer beaucoup de gras animal. La sclérose en plaques serait plus fréquente dans les populations dont l’alimentation est riche en gras animal et plus faible chez celles qui consomment principalement des acides gras polyinsaturés5. Étant donné que les populations nordiques ont généralement une alimentation plus riche en gras animal, il est difficile d’isoler l’impact de l’alimentation de celui de la localisation géographique. Comme mentionné précédemment, la sclérose en plaques est 5 fois plus fréquente dans les régions nordiques ou tempérées que sous les climats tropicaux et méridionaux.
    Être en contact avec des solvants chimiques en milieu de travail35.

Notes. On trouve, dans la littérature scientifique, des données révélant que le port d’amalgames dentaires au mercure augmente le risque de sclérose en plaques et en aggrave aussi les symptômes7,8. Ces données proviennent toutefois majoritairement d’études dont la qualité scientifique est jugée faible. Le fait d’avoir eu plusieurs amalgames au mercure durant des années pourrait accroître le risque de souffrir de la maladie, mais cela n’a pas été démontré clairement10. Ainsi, les médecins considèrent généralement que les amalgames dentaires sont sécuritaires.

En France, après une campagne massive de vaccination contre l’hépatite B en 1994, une étude avait suggéré un lien de cause à effet possible, qui n’a jamais été confirmé par la suite. Les études épidémiologiques n’ont mis en évidence aucun lien entre la vaccination contre l’hépatite B et la survenue de cas de sclérose en plaques.

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